Le mot du directeur

Le mot du directeur - KEDGE
« Le design, cette complexité qui le rend si beau »

Dans le cadre de mes fonctions, je suis régulièrement interrogé sur la problématique de la définition du design. A vouloir définir le design, d'aucuns pourraient se perdre, car vouloir le définir c'est vouloir le figer. C'est également vouloir lui conférer un aspect préhensible et simple au danger de le rendre simpliste. C'est d'ailleurs cette complexité qui le rend si beau.

Je ne prétends donc pas vouloir définir le terme, mais il me semblait essentiel de définir la vision de l’école à partir de laquelle nous avons pu construire un programme d’enseignement clair et structuré.

Commençons donc par ce que n’est pas le design : le design n’est pas un adjectif.

Un objet n’est pas design. Le design est un nom qui définit une discipline. Il est également un verbe « to design » qui décrit l’approche de conception utilisée dans le cadre de cette discipline. Enfin, ne l’oublions pas, c’est aussi un métier. Les carrières et les opportunités y sont d’ailleurs nombreuses en France comme à l’étranger.

En quoi l’approche du designer est-elle singulière ?

Je dirais qu’elle revêt trois aspects fondamentaux : avant tout, c’est une approche de conception centrée sur l’utilisateur. Un designer conçoit pour l’autre, résout des problèmes et propose des solutions qui répondent à des attentes purement pratiques, sensorielles, émotionnelles…

Pour cela, il est amené à développer son aptitude à l’empathie. Cette notion est fondamentale pour comprendre à quel point les sciences humaines et sociales sont au cœur de la formation d’un designer. Ensuite, le design est une approche empirique. Elle ne saurait se résumer à l’application de méthodes figées. L’essai et l’erreur font partie intégrante du processus.

Tentons d’illustrer ce point par un exemple très pratique. Une fois la phase de recherche avancée, la phase de création ne peut commencer que lorsque le designer a atteint un niveau de compréhension qui lui permet de mettre le doigt sur un certain nombre de points d’intervention potentiels.

Le terme anglais « insight », qui ne trouve pas de traduction pertinente en français, illustre parfaitement ce concept. Une première idée jetée sur le papier, analysée, puis croquée des dizaines de fois, évolue, s’enrichit lentement, se résout ou trouve sa mort dans la maquette et se définit toujours plus pour atteindre la perfection. C’est cette démarche itérative qui s’appuie à la fois sur des outils de visualisation et de simulation (le dessin, la maquette, la 3D…) et qui s’enrichit de l’analyse cognitive du ou des créateurs, qui rend le design si puissant.

Enfin, je dirais que l’approche du design est singulière parce qu’elle est globale. Cette notion fondamentale, bien que datant du début de l’ère industrielle, me semble parfois quelque peu oubliée. Elle revient pourtant en force aujourd’hui autour de l’idée de design d’expérience. La force d’un designer est d’être capable d’apporter une vision holistique cohérente à une marque. Cela lui permet de proposer à ses clients une expérience fluide tout au long de la chaîne de valeur (publicité, image de marque, interaction produit, retail, web, packaging, service après-vente …).

Forts de ce positionnement, nous avons construit un nouveau programme pour l’école de design. Un programme qui garde le meilleur d’hier, qui s’ancre clairement dans la réalité d’aujourd’hui et qui se projette avec engagement dans notre vision de demain.

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